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TEXTES

    Les oeuvres présentées sur ce site sont toutes antérieures à 2007 ; les textes ci-dessous datent donc de cette époque et reflètent les questions que je me posais sur la continuité de ma démarche artistique avec mon activité de chercheur.... Mes oeuvres plus récentes, ainsi que mes photographies, sont principalement sur Facebook, et seront bientôt présentées sur un nouveau site

    "Je pense que la peinture me permet de réaliser une évolution personnelle, qui n’est encore pas très claire, je ne sais pas très bien où elle me mène. J’ai le sentiment d’une remise en cause et d’une transformation de mon identité dans le sens d’un rééquilibrage, du passage d’un raisonnement logique à l’analogique, de l’explicite au symbolique. Il me semble que dans la peinture, il m’est plus facile que dans le roman d’échapper à la déformation sociologique, d’oublier le raisonnement, de dépasser les limites de l’approche scientifique. Et de retourner aux questions ontologiques fondamentales.
J’ai l’impression de découvrir quelque chose de complètement opposé à ce que j’avais fait jusqu’à présent : en sociologie, on essaie d’expliquer le plus précisément possible, le plus exactement possible. Là, au contraire, il s’agit pour moi de suggérer plus que d’expliciter, de dire indirectement, autrement, sans appuyer, en laissant les choses ouvertes...
Il s’agit aussi d’un autre type de recherche : sur les formes, les couleurs, les techniques, les effets. Cette recherche fonctionne dans la liberté, la gratuité. Seule compte la satisfaction obtenue par la réalisation d’une oeuvre d’un point de vue expressif ou esthétique.

    Le mode de diffusion de la peinture soulève pour moi une question difficile : les peintres exposent généralement pour vendre, ce que je ne souhaite pas pour l’instant, car j’ai besoin des oeuvres réalisées pour en faire d’autres, en copiant certains élément, ou en les transposant autrement, dans d’autres couleurs... C’est là un problème qui n’existe pas dans la musique ou l’écriture : on ne se sépare pas d’une oeuvre littéraire en la diffusant, ni de ses chansons en faisant un disque.
En vendant une peinture, je crois que j’aurais l’impression de me séparer d’un de mes enfants... J’apprécie toujours les échanges que j’ai avec le public à propos de mes oeuvres, et je souhaite pour cela exposer le plus possible. J’aimerais le faire aussi dans des lieux comme les quartiers défavorisés, ou les hopitaux, car il me semble que ma peinture peut contribuer à faire aimer la vie.

    Suivre ce chemin est-il en rupture avec ce qui a précédé ? Avec l’économie et la sociologie, peut-être, mais pas avec le roman. Encore moins avec les approches systémiques, que j’ai beaucoup utilisées dans mes travaux de recherche, car une oeuvre picturale peut être considérée sous certains aspects comme un système ouvert. Par exemple, les couleurs de la palette sont choisies les unes en fonction des autres, et même les couleurs que j’appellerai "de rupture" le sont en fonction de leur capacité à rompre l’harmonie créée par les autres, elles trouvent leur place et leur sens par rapport à l’ensemble. Et l’oeuvre, aussi personnelle qu’elle soit, n’est pas étrangère à son contexte écologique ou social : les bleus et verts de la mer que j’avais sous les yeux cet été se retrouvaient sur ma palette, dominée cet automne par les couleurs des feuilles que je contemplais par la fenêtre.
J’avais d’ailleurs intégré le rôle du temps dans ma pratique de la systémique, dans mes travaux sur le système politique du Chili, grâce à un tableau de Paul Klee à Beaubourg... Et l’hologramme, en concrétisant l’idée de la redondance chez Yves Barel, avait fortement contribué à clarifier pour moi cet aspect des relations entre les éléments d’un système social ; je le retrouve souvent aujourd’hui, lorsque je travaille la peinture en transparence..."

Marie-Noëlle Sarget                        



 
 
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